DEVONS-NOUS APPLIQUER DU CHAUD OU DU FROID?

En secourisme le froid est utilisé pour réduire l’inflammation et les spasmes musculaires.

Appliquez sans attendre un sac de glace ou un sac de légumes surgelés enveloppé dans une serviette sur la région affectée. Le plus tôt, est le mieux. L’inflammation se développe rapidement. Vous ressentez de la chaleur ou de la douleur, votre blessure est rouge ou enflée et vous avez une perte de mobilité: vous êtes en présence de signes d’inflammation, la glace est donc indiquée. Dans certain cas, il est déconseillé d’appliquer de la glace si vous souffrez de diabète avancé, de la maladie de Raynaud ou d’une insuffisance circulatoire.

Durée maximale de 20 minutes. On répète toutes les deux ou trois heures jusqu’au soulagement complet, pendant 7 à 10 jours pour les douleurs importantes. Il est recommandé de protéger la peau avec un linge humide lors de l’utilisation des sacs de gel synthétique ou en présence d’une peau plus mince ou fragile. Cependant, si vous n’éprouvez aucun soulagement et si ces symptômes se manifestent : douleur constante ou augmentation de la douleur, perte de la mobilité importante, sommeil entravé, aucune amélioration même après repos et immobilisation, consultez votre professionnel de la santé!

Attendez au moins une heure avant de vous lancer dans l’action après avoir mis du froid sur une blessure sportive. En retournant au jeu trop rapidement, vous risquez d’aggraver votre situation puisque la région traitée vous rend insensible à la douleur.

Effet de la glace physiologiquement:

 

Diminue la douleur – L’analgésie provoquée par la cryothérapie (thérapie par le froid) est principalement due à un ralentissement de la conduction nerveuse. Cela aura pour effet de diminuer la vitesse du message douloureux ainsi que de diminuer la stimulation locale des récepteurs à la douleur.

Contrôle l’inflammation – L’inflammation est un processus physiologique nécessaire à la guérison. Elle est donc souhaitée suite à une blessure afin de permettre aux structures lésées d’avoir accès aux substances nécessaires à leur réparation. Par contre, nous nous devons de la contrôler. La glace agira donc en diminuant l’afflux sanguin au site lésionnel afin de limiter l’expansion exagérée du processus inflammatoire.

Contrôlant l’enflure –La glace possède un effet constricteur au niveau des vaisseaux sanguins (diminution de leur diamètre). Cela permettra de limiter la croissance de l’œdème en diminuant la circulation sanguine locale. Par contre, il est important de ne pas en appliquer trop longtemps puisque vous interférerez alors avec le processus de pompage lymphatique nécessaire à la résorption de l’enflure.

Réduisant les spasmes musculaires – Suite à un traumatisme, il est fréquent de voir les muscles souffrir de contractions secondaires à un mécanisme de protection articulaire. Dans les 48 à 72 premières heures, la glace peut devenir un bon remède à ces spasmes en réduisant l’inflammation locale.

Le chaud

 

La chaleur soulage plutôt les douleurs de type chronique, en relaxant les muscles et en assouplissant les articulations.

Par exemple, en cas de :

– maux de ventre, dont les crampes menstruelles;
– tensions et douleurs au dos et au cou;
– crampes et raideurs musculaires.

Appliquez un sac de type « magique » ou une serviette laissée dans la sécheuse pendant environ 5 minutes. Ou prenez une douche ou un bain chaud. Le soulagement ne dure que le temps de l’application. Si vous avez une ecchymose qui persiste depuis longtemps, la chaleur accélérera la guérison. En fait, la chaleur aide, entre autres, à amener plus de sang et nutriments dans la région d’application, à assouplir la musculature et à faciliter la lubrification des articulations. Il en résulte un meilleur drainage de l’œdème chronique, une diminution des tensions musculaires et des raideurs articulaires, soulageant du même coup la douleur liée à ces phénomènes. La chaleur appliquée localement.

Diminuant la douleur – La chaleur augmente le seuil douloureux (donc la sensation de douleur diminue).

Favorisant la réparation des tissus – Contrairement à la glace, la chaleur a pour effet d’augmenter la taille des vaisseaux sanguins. L’augmentation de la circulation sanguine entraînera donc un apport en oxygène ainsi qu’en nutriments au site de la lésion afin d’accélérer la guérison des tissus.

Réduisant les spasmes musculaires – Autant la glace est maître dans les 48 à 72 premières heures suivant un traumatisme, autant la chaleur est importante par la suite. En effet, la chaleur aura pour résultat de diminuer l’activité des motoneurones alpha, lesquels sont en temps normal responsables des contractions musculaires volontaires. Ce phénomène aura pour effet de détendre la musculature locale.

Augmentant la mobilité articulaire – En plus de réduire les spasmes musculaires, la chaleur entraîne une augmentation de l’extensibilité des tissus. En agissant au niveau des ligaments et des capsules articulaires, cela aura pour effet d’augmenter la mobilité des articulations.

Bain contraste

 

En cas d’enflure persistante dans les extrémités (mains, pieds, chevilles), on recommande les bains contrastes. On trempe le membre atteint dans un seau d’eau chaude (pas bouillante) pendant quatre minutes, puis dans un seau d’eau froide avec de la glace pendant 2 minutes. On alterne pendant 20 minutes. Alterner chaud et froid peut créer un effet de pompage puisque les vaisseaux sanguins se dilatent et constrictent. Certains ressentiront un effet plus important sur le drainage de l’œdème.

 

Les personnes ayant un problème sévère de circulation, comme l’hypertension artérielle ou une tumeur, doivent éviter ce traitement.

Conclusion

 

En terminant, l’application de glace et de chaleur reste très mitigée dans la littérature scientifique. Cependant, cliniquement, on
remarque les plus grands effets positifs lorsque appliqués tel que mentionné ci-haut. Cela dit, bien que rapides et utiles, la glace et la
chaleur n’arrivent pas à la cheville de traitements et exercices individualisés. De ce fait, pour toute douleur, qu’elle résulte d’une
blessure récente ou qu’elle persiste depuis plusieurs semaines, la consultation auprès d’un professionnel est recommandée.

13 mars 2020